CLEMENT ADER

Biographie :
Né à Muret en 1841 et mort à Toulouse en 1951, Clément Ader était un ingénieur français connu, de nos jours, en tant que pionnier de l’aviation.
Il obtient la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1881, celle d’Officier en 1909, et celle de Commandeur en 1922 grâce à ses travaux et les avancées permises dans le domaine de l’aviation.
Il finira sa vie en tant que vigneron dans le village de Beaumont sur Lèze, près de Muret.

L’exploit de faire voler pour la première fois un « plus lourd que l’air » fut revendiqué par de multiples acteurs. Cependant, après maintes controverses (notamment avec les frères Wright), cet exploit fut attribué à Ader après le premier vol de l’Éole en 1890.

L’Éole :
L’Éole a volé pour la première fois en 1890 avec pour témoin les deux apprentis de Clément Ader dans le parc du château d’Armainvilliers à Gretz en Seine-et-Marne.
Il avait une envergure de 13,5 m, une longueur de 6,5 m et faisait 2,90 m de hauteur. La machine pesait 101 kg, moteur, roues, hélice, condensateur et cheminée comprise.
Son armature était en bois recouvert de soie élastique et les ailes en bois creux.
Il n’avait qu’une seule hélice avec quatre pales en bambou.
Doté d’un moteur à vapeur 4 cylindres avec brûleur à alcool (inventé par Ader lui-même), il pouvait atteindre jusqu’à 20 chevaux.
Cet aéronef n’avait pas de gouverne de direction en vol. Cela signifie qu’il était presque impossible de le diriger.

Pour pouvoir le contrôler, Ader utilisait des manivelles pour gauchir les ailes et ainsi, changer l’incidence et augmenter la portance.
Il y avait également des palonniers pour le diriger au sol.
Lors de son essai, l’Éole ne parcourra que 50 m environ, ce qui reste une prouesse pour l’époque.
C’est suite à la réussite de ce premier décollage que l’Armée commence à s’intéresser à l’aviation et commande alors à Ader un deuxième appareil plus puissant.

AEROCLUB CLEMENT ADER

En 1943, l’armée de l’air allemande cherche des terrains pour faire décoller ses appareils et choisis un terrain près de Muret idéal de par son emplacement.
Après la libération, des Muretains envisagèrent de réhabiliter cette piste en aéroclub privé, mais il fallut attendre 10 ans pour que le projet prenne forme.
Les fondateurs de ce projet étaient l’abbé Garai qui, à bord de son biplace monomoteur, n’hésita pas à transporter une enfant malade en Italie pour lui sauver la vie ; Mesplé, un mécanicien, chef du service postal d’Air France à Toulouse, qui réussit à remettre à neuf un « Stampe » (un biplan d’entraînement de voltige aérienne) acheté à un ferrailleur ; Robert, un menuisier hors pair ; Seolzer, commerçant et Aubiet.
C’est le 15 mars 1953 que le club officiellement fondé par le vice-président du groupement, monsieur le Général Roumagniou, Commissaire Général de l’Armée de l’Air et le Président de l’aéroclub, Monsieur Fontan, un instituteur toulousain.
Ils se retrouvèrent donc sur le terrain qu’ils baptisèrent Clément-Ader. Ce terrain d’une superficie de 17 hectares possède une piste de 800 m en terrain tassé et de 400 m en herbe, ce qui permet au biplace « Luciole » de se poser avec facilité. Cet avion servait à l’entraînement des élèves qui étaient, à l'époque, plus de 150 et placés sous la tutelle de M. Trébosc, ancien pilote militaire et moniteur pilote agréé.
Après une consécration officielle, l’aérodrome Clément-Ader est entré dans la catégorie des terrains ouverts à l’aviation publique légère et sportive.
En 1958, des changements au sein des postes importants permettent un nouvel essor. Le poste de Président revient au chirurgien André Anduze et le Capitaine Cousse assure la
formation des pilotes et gère l’exploitation de l’aérodrome. Au bout de cinq mois, cette nouvelle équipe réussit l’exploit de construire ses propres avions. Le premier décolle à la fin août 1958, c’est un Jodel D112 de 65 chevaux.
De 1971 à 1974, l’aéroclub s’épanouit grâce, à la nouvelle piste bitumée de 875 m ainsi qu’à la construction d’un taxiway permettant des vols plus nombreux. L’achat de nouveaux avions, grâce à Jean-Marie Bonafé, permis un nouveau départ et une progression constante qui réussit à faire dépasser à l’aéroclub les 5000 heures de vol en 1974. Il devient ainsi le quatrième Aeroclub de France avec pas moins de 300 membres actifs puis, en 1975, il devient le premier de France avec 7000 heures de vols et 380 adhérents. C’est également cette même année que la tour de contrôle est édifiée.
Les 11 et 12 décembre 1976, les jumelages entre aéroclubs se font très rare, ce qui n’empêche pas l’aéroclub Clément Ader de Muret de célébrer son jumelage avec le Réal Aéroclub de Gérone. Cette action facilitera les formalités d’accès réciproques aux terrains de Muret et d’Ampuriabrava.
Lors de l’assemblée générale de 1979, le Recteur Chalin devient le premier Président d’honneur de l’aéroclub et Barbara Friedenberg est élue au conseil d’administration. Elle réalisera en mai 1979 avec son mari une traversée transatlantique en monomoteur. Ils achètent un Rockwell Commander 112a de 1975 puis embarquent le 19 mai à San Francisco
pour un vol de 7500 miles nautiques, parcourus en 65 heures réparties sur trois semaines pour arriver à Muret.
À partir de 1980, Claude Serrat, responsable de l’activité aéronautique, ouvre les activités du club et propose aux brevetés des nouvelles orientations en vol de montagne, voltige ainsi que VFR de nuit.
En 1994, l’aéroclub Clément Ader fait l’acquisition d’une nouvelle machine : un Fournier RF5B, motoplaneur, permettant de voler en silence à la recherche de l’onde qui permet de
culminer à plus de 5000 m. Cet avion était un modèle unique en France et pouvait voler jusqu’à une heure et demi sans moteur.
Pour traverser les frontières de l’espace Schengen en avion de tourisme, il faut obligatoirement marquer un stop dans un aéroport international pour un contrôle douanier et ce, malgré les accords européens. Cette anomalie est dénoncée depuis 1995, notamment par les pilotes de l’aéroclub Clément Ader qui ont de nombreux échanges avec les aéroclubs de Catalogne. Pour protester, une traversée en groupe vers l’Espagne sans passer par un aéroport international est programmée en mai 1996.
Après dix ans en temps que chef pilote de l’aéroclub Clément Ader, Claude Serrat prend sa retraite en 1998 et laisse sa place à Michel Eloy, ancien pilote militaire et instituteur à l’ENAC.
Le 24 mai 2003, pour les 50 ans du club, des adhérents volontaires s’assemblent pour faire le grand nettoyage de printemps des hangars et rénover les annexes.
Au fil des ans, l’aéroclub a su tenir sa place en tant que représentant de la passion aéronautique, en formant des pilotes de tout âges, dont 6 des plus jeunes pilotes de France.